C’est un tournant historique pour la langue française
Le 6 janvier 2026, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi de l’association Francophonie Avenir contre la Ville de Paris. Le litige portait sur l’usage du point médian (ex: « Président·e·s ») sur des plaques commémoratives, l’association dénonçant une atteinte à la neutralité de l’État et à l'article 2 de la Constitution.
En confirmant l’arrêt de la cour d'appel de 2025, la plus haute juridiction administrative grave deux principes dans le marbre :
d’une part, l'écriture inclusive « ne constitue pas l’usage d’une langue étrangère » ;
d’autre part, son emploi pour désigner des fonctions ne saurait être assimilé à une « prise de position politique ou idéologique ».
Cette décision balaye le récit d’un « péril mortel » pour le français, soutenu par une partie de la droite et de l'extrême droite. En droit, rendre les femmes visibles dans la langue n'est désormais ni illégal, ni anticonstitutionnel. Comme le souligne le délibéré, ces graphies s'inscrivent dans l'évolution naturelle de l'usage sans rompre avec la tradition républicaine. Si les circulaires de 2017 et 2021 limitent toujours l’usage inclusif dans les textes officiels pour des raisons de clarté, l'arrêt de 2026 consacre sa légitimité dans l'espace public. Le point médian n'est plus un intrus, mais une modalité reconnue du français moderne.
