Icône de la photographie contemporaine née en 1953 à Washington D.C., Nan Goldin se présente comme cinéaste au Grand Palais. Pour la première fois en France, du 18 mars au 21 juin 2026, la rétrospective This will not end well révèle ses vidéos et diaporamas, décrits par l’artiste comme des « films composés de photos ». Ces récits mêlent images fixes, musique et voix-off pour une immersion intime et universelle.
Après Stockholm, Amsterdam, Berlin et Milan, Paris accueille cette exposition co-organisée par le GrandPalais Rmn (Rassemblement des Musées Nationaux) et l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Commissariée par Fredrik Liew, elle retrace cinquante ans de création, des nuits underground new-yorkaises des années 1970-80 aux combats actuels de Nan Goldin contre les opioïdes via son collectif P.A.I.N..
Une virée dans un monde aux croisées du documentaire et de l’enquête underground est à la hauteur du personnage que l’on connaît. Intrusive juste ce qu’il faut, pertinente à propos, ayant ce regard qui happe ces détails qui font de chaque création une révélation choc à part, un témoignage puissant sur une situation précise du quotidien, un arrêt sur le temps. Installée sur deux sites en simultané, au Salon d’Honneur du Grand Palais (17 av. du Général Eisenhower, 8e arr.) et à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (47 bd de l’Hôpital, 13e arr.), la scénographie signée Hala Wardé forme un « village » de pavillons adaptés à chaque œuvre. Cette immersion consacrée à l’artiste sous l’axe de ces créations cinématographiques, aborde des thèmes sensibles, comme le suicide, la violence, les drogues et la sexualité, qu’on lui sait aimer traiter de manière abrupte à l’image d’un journal intime qui livre ses confidences.
Six œuvres majeures structurent le parcours. The Ballad of sexual dependency (1981-2022) capture amours, fêtes et sida dans un monde bohème incandescent.
The other Side (1992-2021) rend hommage aux ami·e·s trans et drag queens photographié·e·s de 1972 à 2010.
Sisters, saints, sibyls (2004-2022) témoigne du suicide de sa sœur et des traumatismes familiaux, tandis que Memory lost (2019-2021), Sirens (2019-2020) et Stendhal syndrome (2024) plongent dans l’addiction, l’extase et la perte de contrôle face à la beauté, inspirée des Métamorphoses d’Ovide.
Malgré un titre qui peut paraître anxiogène, Fredrik Liew souligne la « joie de vivre inébranlable » de Goldin, à la fois frontale, fragile et intensément humaine. L’ambiance crue interroge enfance, genre, violence et liens familiaux, révélant une dimension cinématographique souvent éclipsée par ses photos. Une expérience émouvante où l’intime devient politique.
Infos & billetterie : grandpalais.fr
Crédits photos :
Gina at Bruce’s dinner party, NYC, 1991 © Nan Goldin
Christmas at The Other Side, Boston, 1972 © Nan Goldin
Amanda at the sauna-Hotel Savoy, Berlin, 1993 © Nan Goldin
Twisting at my birthday party, NYC, 1980 © Nan Goldin
French Chris at the Drive-in, NJ, 1979 © Nan Goldin
Picnic on the Esplanade, Boston, 1973 © Nan Goldin






