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  • Radical ! La réalisatrice britannique Rose Glass signe un second film coup de poing avec Love lies bleeding sorti en salle le 12 juin.

    On assiste à l’histoire d’amour musclée entre deux femmes aux caractères bien trempés. Lou (Kristen Stewart) gérante d’une salle de sport et Jackie (Katy O’Brian), une culturiste, tombent follement amoureuses dans une bourgade paumée des Etats-Unis dans les années 80. Leur romance va vite vriller et se transformer en un Bonnie & Clyde au féminin. On ne peut pas décrocher un seul instant tellement le rythme imposé est soutenu. La mise en scène nous précipite dans une surenchère de séquences qui s'enchaînent comme autant de micro-histoires toutes liées les unes aux autres. Ne pouvant pas anticiper ce qui va arriver, on suppute ce que Rose Glass a bien pu imaginer d’encore plus dingue. Et l’on se laisse porter et surprendre sans arrêt. Entre des scènes de sexe torrides, des canardages en règles, des pétages de plombs hallucinants et une perversité savamment dosée, on en redemande encore et encore. A la croisée de Cronenberg, Tarantino et Wenders, ce film est une quête éperdue pour un amour sans concessions. Violent, touchant, angoissant et tendre, Love Lies Bleeding démonte avec virtuosité les clichés des femmes faibles et du patriarcat au cinéma. Mortellement hypnotique. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le club La Nuit, situé au 8 Boulevard de la Madeleine, devient à compter de la soirée de la Marche des Fiertés de Paris, le 29 juin 2024 un club hétéro friendly. Oui, vous avez bien lu. Désormais toutes les soirées seront en majorité LGBTQIA+ ou au moins ouvertes à cette clientèle tout le temps. Et bien entendu, vous y retrouverez toujours l’incroyable soirée Lolita et une programmation variée et tendance.
    Infos et programmation ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le Sénat a voté le 28 mai dernier une proposition de loi visant à interdire les bloqueurs de puberté et les procédures de transition pour les mineurs. On vous explique de quoi il retourne.

    Ce texte a peu de chances de devenir une loi. Mais il constitue un symptôme parfait de la vague de transphobie qui traverse la société depuis plusieurs mois. Alors de quoi s’agit-il? Le 28 mai dernier, le Sénat a voté une proposition de loi qui interdit et sanctionne les bloqueurs de puberté et les actes de chirurgie de réassignation pour les mineurs trans. Dans un Sénat où le parti Les Républicains détient la majorité, ce texte, défendu par la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio (déjà opposée à l’interdiction des thérapies de conversion), a obtenu 180 voix pour et 136 contre. Cette proposition de loi se base sur un rapport du parti Les Républicains, largement dénoncé par les associations LGBT, car très inspiré d’une association transphobe, L’observatoire de la petite sirène. 

    Les groupes socialistes, communistes et écolos ont voté contre le texte, ainsi que quelques élus du parti Renaissance. Lors des discussions, plusieurs oratrices ou orateurs ont eu à cœur de faire entrer dans le débat la parole des personnes trans. Yan Chantrel (PS) a ainsi évoqué son neveu trans et Mélanie Vogel (EELV) a parlé d’une petite fille de sa famille. C’était d’ailleurs sans doute le moment le plus fort de la soirée : « J’ai dans ma famille une petite fille trans, que j’aime infiniment, a-t-elle lancé à l’assemblée. Vous savez qui est sa première et sa plus fidèle alliée? Sa sœur. Pour comprendre, pour agir avec bienveillance, respect, dans l’intérêt de l’enfant concerné, il ne faut pas plus que la maturité émotionnelle et l’intelligence relationnelle d’une petite fille de huit ans et demi à qui on n’a pas appris à haïr, ni elle-même, ni les autres et qui n’a rien d’autre en poche que sa petite sœur et que son amour, rien de plus, rien de moins. »   

    Le flottement du gouvernement
    Le gouvernement était représenté par Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la santé. Il est intervenu plusieurs fois pour réfuter nombre des arguments présentés par Les Républicains et appelé à attendre les conclusions de la Haute Autorité de Santé, qui travaille sur le sujet. Mais pendant une partie de la soirée, la position du gouvernement est restée floue, le ministre évitant soigneusement de se prononcer frontalement contre le texte. 

    L’explication de ce comportement nous est donnée par Mediapart : « ​​Jusque tard, (...) Frédéric Valletoux (...) n’a pas explicitement donné d’avis défavorable au texte. Et pour cause : à 21 heures, au sommet de l’État, la question n’était toujours pas tranchée, semble-t-il. Dans la journée, des sources sénatoriales avaient été prévenues que l’exécutif envisageait de laisser les parlementaires voter sans prendre lui-même position – en donnant un avis « de sagesse », dans le jargon.» »

    Cette consigne potentielle avait fuité dans l’après-midi et suscité une grande indignation auprès des militants, mais aussi auprès de parlementaires, comme le député Renaissance Raphaël Gérard. Le 11 avril dernier en effet, aux 30 ans de SOS homophobie, Aurore Bergé, ministre déléguée en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, avait indiqué que le gouvernement s’opposerait « avec force » à ce texte. Or, avec des « avis de sagesse » à répétition, on se retrouvait assez loin d’une opposition « avec force ». Finalement, vers 22h30, la question semble avoir été tranchée et le ministre de la Santé a annoncé que le gouvernement s’opposerait au texte. 

    Redisons-le, cette proposition de loi a peu de chances de devenir une loi, car elle doit passer devant l’Assemblée Nationale, où LR est très minoritaire, puis revenir au Sénat et enfin à l’Assemblée et enfin devant une commission mixte paritaire, où là encore LR n’aura pas gain de cause. Il n’en reste pas moins, comme l’a souligné le sénateur socialiste Rémi Féraud, que « cette proposition de loi va servir à alimenter la transphobie dans la société. » 

    Les mots durs des associations

    Du côté associatif, on n’a pas de mots assez durs pour qualifier cette proposition de loi. Dans un communiqué, les associations Fransgenre et Organisation de solidarité trans parlent de la « proposition de loi la plus transphobe d’Europe ». « Ce texte ne relève pas de la santé, mais de la discrimination », martèlent les associations, qui critiquent également le positionnement du ministre, qui « a rendu un avis défavorable sur ce texte en se retranchant derrière le rapport à venir de la Haute Autorité de Santé, pour ne pas se positionner clairement ». 

    Dans un communiqué, Homosexualité et Socialisme va dans le même sens : « Cette proposition de loi rétrograde et dangereuse – loin de se soucier de la santé des enfants – retire des droits aux mineurs trans. C’est la société réactionnaire et transphobe qui s’est exposée hier soir dans l’hémicycle du Sénat, celle-là  même qui s’était opposée au droit à l’avortement, au PACS, au mariage pour tous et à l’interdiction des thérapies de conversion. »

    La contestation s’organise aussi dans la rue. Des rassemblements de protestation ont déjà eu lieu partout en France les 5 et 26 mai, avec le hashtag #RiposteTrans. Et on s’attend à ce que le sujet soit mis en avant lors de nombreuses prides au cours du mois de juin.

    Cet article a été publié dans Strobo Mag n° 32

    Xavier Héraud
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  • USA : en alerte pour les Prides

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Le département d'État américain émet rarement des alertes de sécurité « mondiale » à l'occasion de la Pride. Mais les États-Unis ont mis en garde contre un « risque accru » de terrorisme et de violence à l'encontre des LGBTQ pendant la saison des Fiertés. La montée des violences, les prises de positions gouvernementales et la recrudescence des actes lgbtphobes laissent à penser sans mentionner évènements spécifiques que la communauté peut être directement visées autant par les groupuscules néo-nazis que les djihadistes, selon le magazine Attitude.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Alors que les instances dirigeantes du monde du football essaient de faire évoluer les choses, certains joueurs campent sur leur position et refusent toujours de s’y associer. Réfractaires déjà l’année dernière, le nantais Mostafa Mohamed a précisé ne pas vouloir se rendre au match contre AS Monaco en cette journée où il aurait dû porter un simple badge neutre de toute référence aux LGBT. « L’objectif de la LFP, lorsqu’elle a décidé de retirer le flocage arc-en-ciel, c’était de ne plus faire de vagues et d’emporter tous les joueurs dans cette campagne, y compris ceux qui refusaient de porter le flocage l’an dernier », explique Bertrand Lambert, président des PanamPride Football Club à nos confrères de Eurosport sur le sujet. « Ceux qui ne voulaient pas le porter estimaient que ce flocage faisait la promotion de l’homosexualité, ce qui n’était pas évidemment pas le cas : c’était un flocage contre l’homophobie. C’est suite à ces refus que la LFP en est arrivé imaginer ce badge noir sans aucune référence LGBT et censé être accepté par tout le monde. On voit visiblement bien que c’est encore trop pour certains, preuve s’il en est qu’il ne fallait rien céder. Ce n’est pas faute de les avoir alertés. »

    Dans le même temps, le joueur monégasque Mohamed Camara a quant à lui littéralement masqué ce symbole discret d’un sparadrap. Le collectif qui milite contre l’homophobie dans le sport, Rouge Direct a réagi : « Monaco, vous laissez jouer Mohamed Camara qui envoie publiquement et ostensiblement un message d’homophobie ? ». La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, a appelé à des « sanctions les plus fermes contre le joueur, mais aussi contre le club qui l'a laissé faire ».  Le joueur vient d’écoper de 4 matches de suspension.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Nice: Inauguration de la rue Cathy Richeux

    gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    Figure bien connue de la communauté LGBT+, disparue en 2023, la militante a désormais sa rue. Qui-plus-est, L’actuelle rue Roquebillière, où se situe le centre LGBTQIA+ Côte d’Azur, devient la rue Cathy Richeux.

    Une cérémonie a eu lieu en présence du maire et du président du centre. Rappelons aussi le programme d’aide aux LGBT+ sans-abri qui porte son nom, la Maïoun de Cathy, et qui a déjà obtenu un premier logement.

    Pour faire un don, c'est ici.

    Bruno De
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  • Cet été, la commu-nauté LGBTQIA+ et toustes les allié.e.x.s, feront de La Pride House. Paris 2024, un des espaces de vie et de célébrations les plus intenses des Jeux Olympiques de Paris 2024. Installé au sein du Rosa Bonheur sur Seine, ce lieu bienveillant et inclusif, est présent lors des grands évènements sportifs. Il a pour but de lutter contre les discriminations et de désinvisibiliser les personnes LGBTI+ dans le sport. C’est à travers ce programme unique mis en place dans le cadre des JO de Paris, un laboratoire composé de 3 groupes œuvrant sur des thématiques distinctes et précises. Chacun a pour but de proposer des solutions opérationnelles faciles à mettre en place par les associations sportives qui souhaitent travailler sur leur inclusion. Voici les différents champs d’actions : « sport et homosexualité, vers un sport plus inclusif ». On a ensuite « les personnes trans et non binaires dans le sport » et enfin troisième « les femmes, les personnes lesbiennes et le sport ». Les résultats divulgués en juillet seront bientôt mis à disposition de la Fondation Fier. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Une fois de plus, le Forum Gay & Lesbien de Lyon ne participe au défilé organisé par le CFL (Collectif des Fiertés en Lutte). Cette décision est motivée par différents points de désaccords avec les organisateurs.

    A commencer par le maintien des zones d’exclusion au sein du cortège avec 5 zones en non-mixité imposée. Le FGL rappelle « qu’il a toujours milité pour la mixité qui favorise l’inclusion des personnes LGBTI+ dans la société et dans les structures LGBTI+ entre elles. La non-mixité est pour nous une forme de séparatisme, de communautarisme que nous ne voulons pas ». Ensuite sur le mot d’ordre de cette marche de 2024 : système violent, système oppressant, riposte progressive, luttes collectives ! Le FGL considère le slogan hors de propos, car est fait aucunement référence à une quelconque revendication ou problématique de la communauté LGBTI+. 

    Le FGL précise qu’il ne fera pas barrage à la marche des fiertés : « car nous respectons le droit de manifester et la pluralité des idées. » 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Marches des Fiertés 2024 : c’est parti !

    lesbiennes, gay, transgenres, bisexuel.le.s, Queer

    La belle saison des Fiertés a commencé en métropole le 18 mai à Angers et continue jusqu’en septembre avec le mois de juin en point d’orgue. Plus de 80 manifestations sont organisées sur tout le territoire en 2024, avec villages associatifs, concerts, débats, conférences.

    Saluons l’arrivée dans le giron des marches de Le Vigan et Albi (le 22 juin), ainsi que les Pride rurales de Chenevelles (près de Poitiers le 27 juillet) et Lastour (près de Limoges le 15 juin). La visibilité et le dialogue apparaissent indispensables dans des régions plus isolées.

    Elles sont toutes dans l’agenda de la webapp Strobo mag (taper 2024 dans la recherche à droite).

    Les dates :

    22/06 : Saint Denis, Bourges, Epernay, Perpignan, Cluny, Aurillac, Moulins, Brest

    23/06 : Nice

    29/06 : Paris, Calais, Biarritz, Laval, Amiens, Nîmes, Lons-le-Saunier, Carcassonne, Lorient

    06/07 : Marseille, Annecy, Quimper, Dax

    14/09 : Limoge

    28/09 : Pau, Saint Nazaire.

    Bruno De
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  • Le MUCEM pro-pose du 3 juillet au 9 décembre la première exposition au monde consacrée au naturis-me. Alors que l’engouement pour cet art de vivre en nudité en accord avec la nature tente de plus en plus de personnes et que la France en est la première destination touristique, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée vous invite à explorer ce phénomène singulier et fédérateur qu’est le naturisme, ou plutôt les naturismes, car ils sont pluriels.

    Paradis Naturistes vous entraîne dans un voyage inédit réunissant 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures afin de comprendre cette pratique, son histoire, ses activités, sa philosophie, ses valeurs, ses bénéfices… Un panorama exclusif sur 500m2 pour tout savoir sur la vie tout nu. Et si l’envie vous en dit, des visites dans le plus simple appareil sont organisées par la Fédération française de naturisme les 16 juillet, 20 août et 3 septembre de 17h à 21h.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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