Rencontre au sommet entre la star du cabaret et les Pet Shop Boys, Results est un classique parmi les classiques. Le disque de toutes les audaces et un tournant pour la pop moderne.
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989, les Pet Shop Boys sont jeunes et beaux. Deux albums, Please et Actually, à leur actif, et déjà une poignée de tubes qui mélangent souvenirs disco et pop mélancolique. Deux ans plus tôt, Neil Tennant et Chris Lowe ont collaboré pour la première fois avec une autre artiste, Dusty Springfield, invitée sur l’immense What have I done to deserve this, qui aidera la légende écorchée de la blue-eyed soul à signer son grand retour. L’histoire raconte que dans les locaux de Epic, la major où Liza Minnelli vient de signer, leur manager apprend que cette dernière souhaite enregistrer un album de pop et cherche les partenaires capables de l’emmener vers des territoires qu’elle n’a pas encore explorés. Il glisse alors, sans leur demander leur avis, que les Pet Shop Boys seraient parfaits pour l’exercice, d’autant que Liza a adoré Rent, clin d’œil à leur passion pour la comédie musicale, sur leur dernier album. Fille de l’actrice Judy Garland - celle dont la légende dit que la mort a déclenché les émeutes de Stonewall - et du réalisateur Vincente Minnelli, Liza with a Z, comme elle le chante, est une enfant de la balle. À 16 ans, elle est déjà sur les planches de Broadway, imposant un talent insolent, celui d’une artiste qui sait tout faire : chanter, jouer la comédie et danser. Ses prestations dans les comédies musicales à l’écran, Cabaret (1972) et New York, New York (1977), achèvent d’en faire une icône gay planétaire.
Mais à la fin des années 80, Liza ressent le besoin de raviver cette flamme et d’offrir un disque entier à sa fan base queer. Les Pet Shop Boys vont lui offrir, un cadeau en or massif, à la hauteur de sa réputation, Results, qui tient son nom d’une remarque très folle faite par leur amie fashionista Janet Street-Porter au sujet de certains de ses vêtements : « j’appelle ça mes fringues à résultats, parce que quand je les porte, j’obtiens toujours des résultats ». Sortis en octobre 1989, naviguant entre tornades disco et ballades tire-larmes, les dix titres de l’album alignent le sublime Rent, qui, repris par Liza, devient over-dramatique, des reprises percluses de synthés et de boîtes à rythmes comme Losing my mind, tiré de la comédie musicale Follies de Stephen Sondheim, le Twist in my sobriety de Tanita Tikaram ou le Love pains de Yvonne Elliman. Mais aussi une tripotée de compositions originales fusionnant pop et électronique, modernité et rétro, comme jamais, I want you now, If there was love ou Tonight is forever où Liza amène sa touche vocale sans pareille.
Énorme succès à sa sortie, Results offre une nouvelle jeunesse insolente à la diva, avec sa pochette noir et blanc signée David LaChapelle et s’impose comme un monument d’inventivité qui va marquer la pop à jamais. Des années plus tard, interrogée sur le processus créatif, Liza se souvient avoir demandé à Neil et Chris : « quand est-ce que les musiciens arrivent ? » Réponse : « ne te fâche pas, il n’y a pas de musiciens. Il n’y a que toutes ces machines et nous ». Tout est là.
En 1989, cette collaboration est une prise de risque majeure pour une artiste aussi légendaire que Liza Minnelli et Results est le fruit d’une union hors norme entre des univers a priori éloignés, la collusion entre l’esprit cabaret de Liza, le son brut des machines et les orchestrations de cordes majestueuses, que les Pet Shop Boys subliment en classique gay absolu, gorgé de camp et de drama !
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