À l’approche des municipales, les enjeux locaux dépassent largement les questions de voirie ou d’urbanisme. Subventions, symboles, services publics, visibilité : les communes jouent un rôle clé dans la vie quotidienne des personnes LGBT et, indirectement, dans l’équilibre national des droits.
L
es élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Les conseils municipaux, et donc les maires et les adjoint·es, des près de 35000 communes françaises seront renouvelés. Une foule de critères pourront sans doute orienter votre choix dans l’isoloir. En voici un supplémentaire, souvent sous-estimé : les villes constituent un maillon essentiel du soutien aux communautés LGBT.
Elles peuvent en effet agir à plusieurs niveaux. Il y a le soutien financier direct ou indirect, via les subventions ou la mise à disposition de locaux. Avec d’autres collectivités territoriales comme les départements ou les régions, les villes demeurent une source importante de financement pour les associations. Il n’est donc pas inutile de se renseigner sur le bilan des équipes sortantes en la matière ou sur le programme des différentes listes.
Le soutien peut également passer par l’inclusivité dans les politiques publiques, que ce soit en conditionnant l’argent public à des structures qui ne discriminent pas ou en favorisant une programmation artistique prenant en compte les thématiques queer.
Une politique LGBT-friendly peut aussi s’incarner dans des symboles. Depuis une vingtaine d’années, des rues ont été nommées Pierre Seel à Toulouse et à Paris, un square Jean Le Bitoux à Montreuil. De nombreuses rues et places dans la capitale ont également été baptisées du nom de personnalités: la Promenade Coccinelle, la Promenade Cleews Vellay, la Place des combattants du sida, etc.
Dernière raison de voter aux municipales : les conseillers municipaux font partie du collège des grands électeurs qui élisent les sénateurs et sénatrices. Aujourd’hui, le parti Les Républicains est majoritaire au Sénat. Un parti historiquement opposé aux droits LGBT, qui s’est encore distingué récemment avec le vote d’une proposition de loi qui aurait fait de la France « le pays le plus transphobe d’Europe », selon les associations trans. Pour que la majorité au Sénat change, il faut des élu·es qui votent pour des candidat·es progressistes. Les municipales ne se jouent donc pas seulement à l’échelle de la rue ou du quartier: elles pèsent aussi sur l’équilibre national des droits.
