Au Sénégal, les personnes poursuivies pour relations sexuelles entre personnes de même sexe encourent désormais une peine allant de 5 à 10 ans de prison.

A l’issue du vote, les députés ont laissé éclater leur joie. L’assemblée nationale du Sénégal a adopté le 11 mars un projet de loi durcissant les peines de prisons pour les personnes poursuivies pour “actes contre nature”, c’est à dire des relations sexuelles avec une personne de même sexe. La loi prévoit désormais des peines allant de 5 à 10 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros). La peine maximale sera prononcée si l’un des prévenus est mineur. Le texte prévoit également des sanctions pénales contre la « promotion » de l’homosexualité au Sénégal.
Les débats ont été marqués par une série de propos d’une homophobie crasse, mêlés à une dénonciation de l'Occident.
La députée Diaraye Ba, qui appartient au parti du Premier ministre Ousame Sonko, a ainsi lancé à la tribune : «Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. Les homosexuels n’auront plus de liberté d’expression dans ce pays… Ça suffit, nous avons des valeurs ». Un autre, Guy Marius Sagna : « Les valeurs LGBTQ constituent (...), à travers des ambassades qui financent des associations LGBTQ, un poison culturel savamment inoculé dans notre peuple».
Une loi qui “bafoue” les droits humains
Peu de réactions à l'international pour l'instant. On notera tout de même la réaction de Volker Türk, Haut commissaire aux droits humains de l’Onu : "L'adoption par le parlement sénégalais d'une nouvelle loi qui double à 10 ans la peine maximale d'emprisonnement pour des relations homosexuelles consenties, et qui punit la soit-disant 'promotion, soutien ou financement' de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité est profondément préoccupante" et "bafoue" les droits humains, estime-t-il dans un communiqué.
Ce projet de loi avait été annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 24 février dernier. Une annonce qui intervenait après plusieurs dizaines d’arrestations d’hommes gays. Le texte doit désormais être promulgué par le président, qui appartient au même parti que le Premier ministre.
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