Dans « Queer » de William S. Burroughs, nous sommes invité.e.s à suivre Lee, un personnage en quête de sens. À travers ses réflexions et ses rencontres, l’auteur explore le désir humain et la souffrance.
Burroughs présente Lee comme quelqu’un d’autodestructeur, « désespérément avide de contact », mais aussi perdu dans ses doutes sur lui-même et sur ce qui le pousse à agir. On le voit ainsi s’efforcer « d’établir un contact tacite » pour créer une relation intime avec un certain Allerton. Mais malgré ses efforts, leur connexion demeure fragile. Chaque échec de leur rapprochement est vécu comme une souffrance pour Lee, une douleur qui semble « trancher l'âme » ce qui le blesse, « comme si son cœur saignait ». L’auteur montre ainsi l’incapacité de Lee à se comprendre, sans le miroir de l’autre et avec pour risque d’engendrer une souffrance intérieure. Au point de s’y perdre ?
Le voyage intérieur
Le voyage de ce duo, à travers le Mexique des années 1940, en quête de Yage, symbolise le voyage intérieur du personnage. Lee croit que ce déplacement pourra réinventer sa relation. Mais son obsession de façonner la réalité, l’éloigne de ce qu’il vit : « je pourrais peut-être découvrir un moyen de refaçonner le réel à ma convenance ». Burroughs nous montre que vouloir tout contrôler peut devenir oppressant mais accepter la réalité est la clé pour accéder à la sérénité. Une interprétation qui a été approfondie sur grand écran et qui capture, en images, cette lutte intérieure.
Film et Roman : mêmes quêtes, différentes perspectives
On imagine que l’adaptation cinématographique de Queer permettra de capter un peu plus l’essence de du livre et de mieux l'appréhender en offrant une mise en scène et des silences qui en disent autant que des dialogues. C’est aussi un hommage visuel avec Daniel Craig, connu pour ses rôles de personnages durs (notamment dans les films de James Bond), qui apporte une dimension particulière à ce rôle. Le roman de Burroughs donne un ressenti d’avant-garde pour l'époque, dans sa vision des relations humaines et du désir. Et là où le roman permet une immersion forte, le film donne un autre regard sur cette histoire.
Créer des liens
Queer n’est pas qu’une quête romantique mais une réflexion sur la dépendance et le désir. Dans l’univers troublant de Lee, Burroughs ne nous livre pas de réponses toutes faites, mais nous met face à l’imperfection des relations. Peut-être que la vraie question n'est pas de trouver l'amour, mais de voir comment ces rencontres, parfois difficiles, nous aident à évoluer dans notre vie.
Queer de William S. Burroughs, Ed. Satellites, 9€

Il y a des nouvelles qui sont plus réjouissantes que d’autres. La folie transphobe de Donald Trump vient de prendre un coup. Une juge fédérale de Washington a suspendu l'interdiction des personnes trans dans l'armée américaine, remettant en question un décret signé par Donald Trump en janvier. Dans sa décision, la juge a invoqué la Déclaration d’indépendance, affirmant que « tous les êtres humains sont créés égaux ». Le décret, qui visait à exclure les personnes transgenres des forces armées, était justifié par le président Trump par la nécessité d'une armée « débarrassée de l’idéologie transgenre ». Cependant, la magistrate a qualifié ce texte d’« empreint d’hostilité » comme le précise Le Figaro, et a souligné qu'il manquait de justification légale pour l'exclusion des transgenres. Le ministère de la Défense, sous l'administration Trump, avait annoncé son intention de stopper le recrutement des personnes trans et d'expulser celles déjà en service, sauf exceptions. Avec environ 15 000 personnes trans dans l'armée sur deux millions de militaires, cette décision marque un tournant significatif dans la lutte pour l'égalité au sein des forces armées.
L’Autre Cercle, association phare de l’inclusion LGBTQ+ en entreprise, a dévoilé le 27 mars son nouveau guide intitulé AGIR pour l’inclusion des transidentités et non-binarités au travail. Ce troisième opus de la Collection Carrément, s’appuie sur une enquête nationale et des contributions d'expert·es ainsi que de personnes concernées.
Les défilés des Fiertés aux États-Unis font face à une crise de financement. Des sponsors de longue date tels que Comcast, Anheuser-Busch et Diageo ont annoncé leur retrait, laissant des organisations comme la Pride de San Francisco avec une perte potentielle de 300 000 dollars. C’est un effet boule de neige suite aux décrets multiples visant les LGBTS par l’administration Trump. Suzanne Ford, directrice de l'événement, a exprimé sa déception : « nous sommes très déçus. Nous sommes blessés. Ce n'est pas seulement un chiffre ou une transaction », a-t-elle déclaré à USA Today.
Le Danemark met en garde ses citoyens transgenres souhaitant voyager aux États-Unis. Le ministère des Affaires étrangères danois a actualisé ses recommandations, soulignant l'importance de se renseigner avant le départ. Dans un communiqué du 21 mars, il indique : « si vous avez la mention de genre X sur votre passeport ou si vous avez changé de sexe, il est recommandé de contacter l'ambassade américaine pour confirmer les règles applicables. » Cette mise en garde fait suite aux déclarations du président Trump, qui a affirmé que les États-Unis ne reconnaîssent plus que « deux sexes, masculin et féminin ». Susanne Branner Jespersen, responsable de l'association LGBT+ Danemark, a exprimé ses inquiétudes : « nous craignons que des personnes soient arrêtées à l'aéroport ou exposées à des situations inconfortables » apprend-t-on chez nos confrères de BFMtv.
Quand la poésie grivoise et bien sentie fait l’éloge des amours masculines, c’est le duo de Vilains Gaillards qui remet le couvert. Le jeudi 24 avril à 20h30, la scène d'Olympe à Pantin vibrera au rythme des Vilains Gaillards, une lecture piquante de la poésie gay du XIXe siècle. Après un premier succès estival, ce spectacle met en lumière l'œuvre de 17 auteurs, de Rimbaud à Verlaine, célébrant le désir masculin avec humour et verve.
La visibilité queer et lesbienne sera à la fête les 26 et 27 avril dans la ville rose. 2 journées d’initiatives diverses, comme autant de témoins de la culture saphique, plus de 70 artistes accueilli.es par les Dramagouines au Mad, 4 Allée Charles de Fitte.
Le 25 mars, la Cour d'appel de Trinité et Tobago a recriminalisé les relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe, renversant ainsi un jugement de 2018 qui les avait déclarées inconstitutionnelles. Cette décision fait suite à un appel du gouvernement, frustrant les espoirs d’une communauté LGBTQ+ déjà marginalisée. Jason Jones, militant LGBTQ+ ayant initié le recours en justice en 2017, a exprimé son indignation : « ce jugement régressif m’a transformé en criminel aux yeux de la loi », dans les pages du Wahsington. Alors que plusieurs pays de la région, tels qu’Antigua-et-Barbuda et Saint-Kitts-et-Nevis, ont récemment abrogé des lois similaires, Trinité et Tobago semble faire marche arrière, plaçant la communauté LGBTQ+ sous une menace accrue. 
À Budapest, la colère gronde. Des milliers de manifestants se sont rassemblés mardi 1er avril soir pour dénoncer une nouvelle loi adoptée par le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban, visant à interdire la marche annuelle des fiertés homosexuelles, la Budapest Pride. Cette législation, qui se réclame d'une prétendue « protection de l’enfance », permet aux autorités d'imposer des amendes aux organisateurs et participants, tout en utilisant des outils de reconnaissance faciale pour identifier les contrevenants. Brandissant des drapeaux hongrois et arc-en-ciel, les manifestants ont exprimé leur outrage. Dans le quotidien suisse Le Temps, Emese, une psychologue de 26 ans déclare « nous défendons la liberté de réunion ». Akos Hadhazy, parlementaire indépendant et organisateur, a qualifié la loi de « techno-fasciste », s'inspirant de régimes autoritaires comme ceux de Chine et de Russie. Cette mesure n'est pas isolée; elle s'inscrit dans une série d'initiatives restrictives envers la communauté LGBTQ+ en Hongrie. Les protestations, qui ont déjà conduit à des blocages de routes, devraient se poursuivre jusqu'à l'abrogation de la loi. La 30e édition de la Budapest Pride est prévue pour le 28 juin, malgré les menaces pesant sur l'événement.
La Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) et cinq de ses branches sont sous le feu des projecteurs judiciaires pour avoir refusé de prendre en charge des parcours de transition de genre. Le tribunal judiciaire de Bobigny a ouvert les audiences le 10 mars, marquant le début d'une série de neuf procès inédits initiés par des personnes trans. Dans le quotidien Le Parisien et sur le site de France Info, les témoignages se recoupent. Ces recours soulignent des refus jugés « abusifs et mal fondés ». la CPAM ayant acté ses rejets par faute « raisons médicales suffisantes ». 
A l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la LGBT+phobie, l’association Couleur Champenoise avait émis le souhait de voir créer un passage piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel. Le projet a été retoqué par la mairie en raison de « contraintes techniques » et un problème de « sécurité routière ». Selon certaines sources, la municipalité d’Épernay aurait refusé l’initiative par crainte de vandalisation. Dommage, d’autant que l’équipe municipale soutient la Nocturne Pride prévue dans la ville le 14 juin prochain. Ca souffle quand même le chaud et le froid à l’hôtel-de-ville…