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  • L’amour, l’amour, l’amour… toujours l’amour. Alex Norris, connu pour les strips qui ont fait son succès via sur son compte instagram Webcomic Name, est un portraitiste de l’intime. Avec How To Love, un guide universel des sentiments et relations, il examine les questionnements que nous avons tou.te.s lorsque l’amour vient pointer le bout de son nez. Le style de Alex Norris se veut minimaliste et expressif à souhait.

    En quelques cases, il met en perspective nos approches de l’être aimé et le tour est joué. A la fois doux et coloré, intelligent et bienveillant, il aborde toutes les formes que les rapports à l’amour peuvent prendre et analyse les variables qui en découlent. Du célibat au crush, de la possibilité d’aimer plusieurs personnes en même temps jusqu’à savoir à quoi doit ressembler une relation quand on est en couple ou encore quand dire « je t’aime », cet ouvrage se fait didactique et léger pour dédramatiser les situations mêmes les plus insoupçonnées.

    Sans jugement, il aborde les refus envisageables, les chamboulements qu’un cœur qui s’emballe provoque, la frénésie qui nous habite à certains moments et les déceptions qui peuvent casser une passion… C’est non sans humour que les histoires ultra courtes sous formes de vignettes nous entraînent dans les tumultes de l’amour de A à Z et dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Réfléchi, construit et savoureux de bout en bout, How To Love est à lire, relire, offrir à ses proches, à conseiller aux adolescents, à filer à sa moitié, à ses amant.e.s… 

    En gros vous l’aurez saisi, ce roman graphique est tellement utile qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale !

    How to Love de Alex Norris, Ed. Saltimbanque, 224 pages, 15,90€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La Miss Orlando de Pose, la célèbre série de Ryan Murphy, n’est plus. « Notre bien-aimée Cecilia Gentili est décédée ce matin pour continuer à veiller sur nous en esprit », indiquait une communication sur son compte Instagram. L’actrice transgenre s’est est allée à l’âge de 55 ans. Murphy la révéla aux yeux du monde sous les traits d’une femme d’entreprise qui proposait de la chirurgie esthétique à petit budget dans les épisodes de la série qui célèbre le milieu du voguing. Tout.e.s ses confrères et consœurs ont rendu un fervent hommage à cette Argentine de naissance qui avait fait son coming out en 1984 avant d’obtenir l'asile aux États-Unis en 2012. Figure emblématique de la défense des droits des personnes transgenres, militante de première ligne en faveur de la décriminalisation et de la déstigmatisation des travailleuses du sexe, elle avait fondé une association venant en aide à cette communauté et un centre baptisé Callen-Lorde qui propose des soins de santé aux communautés LGBTQ+ de New York.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Cannes Queer

    Pour la 77e édition du Festival de Cannes 2024, ce n’est pas un mais bien deux réalisateurs gays qui auront la lourde tâche de présider une partie des jurys du plus prestigieux rendez-vous international du 7e art. On commence avec le jeune et non moins talentueux Québécois Xavier Dolan, qui à 34 ans aura l’honneur de chapeauter la sélection Un certain regard. Quant au Belge Lukas Dhont, 32 ans, il aura la charge de conduire la Queer Palm. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Les films traitant de l’homosexualité sont rares dans les salles de cinéma ukrainienne. Dans ce pays conservateur où le religieux a la main mise sur la manière de penser et où l’emprise de la Russie fait voir les gays comme une menace pour les bonnes mœurs, Leçons de tolérance, une comédie à petit budget duréalisateur Arkady Nepytaliouk ose aborder le sujet de manière décalée.

    Cette histoire raconte comment afin de sauver sa famille de la ruine, une enseignante ukrainienne persuade son mari et ses enfants de s'inscrire à un programme d'État axé sur l'intégration européenne, baptisé « Leçons de tolérance ». Dans le cadre de ce programme, ils doivent héberger chez eux, pendant un certain temps, un représentant et un militant LGBTQ+.

    Bien entendu, l’homophobie a pu s’exprimer lors de la projection comme le précise BFM TV par des tags néo-nazis et homophobes inscrits sur un cinéma Octobre de Kiev. Mais ce qui est important dans ce film engagé, c’est de prouver les faux semblants colportés par les homophobes. Le pari est réussi, car pas question de stéréotypes un seul instant, juste des personnes qui expliquent leur vie, font preuve de pédagogie et de patience pour éduquer une partie de la population hostile de prime abord. « Une personne qui ressent de l'homophobie se reconnaîtra dans les personnages du film et commencera à y réfléchir : Pourquoi est-ce que je fais ça ? Que ferais-je dans cette situation ? », espère Nepytaliouk.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le média américain Collider rapporte que Lilly, la sœur de Lana Wachowski à qui l'on doit Matrix et Sense 8, s’apprête à réaliser Trash Mountain, son 1er film sans sa sœur. Campé par l’humoriste Caleb Hearon, qui est aussi co-scénariste, on suit un jeune gay qui quitte Chicago pour revenir dans une petite ville du Missouri où il a grandi afin de vider la maison de son père qui vient de décéder. Au milieu des amas d’effets que son géniteur a accumulés au fil des années, les souvenirs resurgissent.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • En écho à la sortie du livre Sous l’objectif de Jean Daniel Cadinot, aux éditions Hors champs et après l’exposition qui lui a été consacrée en qualité de pionnier du film X gay au centre LGBT de Paris, c’est au tour de la Galerie du jour de proposer une expo-vente autour du photographe qu’il a été.

    Connu et reconnu pour son travail exclusivement porté sur les hommes et le nu masculin, Jean Daniel Cadinot a marqué son temps et l’histoire de la représentation homosexuelle en créant une esthétique sensuelle et érotico-pornographique dès les années 1980. Jusqu’au 20 avril, le repaire de la rue Chabanais présente des photos vintages couvrant ses réalisations de 1973 à 1980.

    Infos : www.aubonheurdujour.net/exposition-jean-daniel-cadinot

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Attention aventure en vue ! Le MAIF Social Club, une adresse hybride de la rue de Turenne dans le cœur de Paris mêlant expériences, culture et lieu de vie ouvre son antre à une exposition intitulée Faisons corps du 30 mars au 4 janvier 2025. Pas moins de 14 artistes ont répondu présent à l’invitation qu’il leur a été faite pour raconter les corps.

    De l’intime à l'anatomie, de nos singularités à nos identités multiples, de la mise en mouvement à l’action elle-même et commune, le corps se construit et se déconstruit au gré des créations artistiques. On se questionne, on interagit, on explore, on se laisse surprendre ou simplement porter… tous nos sens sont sollicités pour montrer que de l’individu que nous sommes à la capacité de créer en commun, il n’y a que des accords de corps.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Art queer

    Après le succès de l’exposition à Paris en juin 2023, Munnezza – iel, queer et Amour arrive à la Galerie Éphémère de Montreuil du 9 au 30 mars. Derrière ce titre, une installation qui met en lumière le travail de six artistes queer dont, nouveauté par rapport à la précédente édition, la présence de deux montreuillois.

    La marginalisation, la mise à l’écart, la fragilité humaine sont les thèmes développés dans ce rdv qui défient les normes de la société. Initié à Naples, ce projet « Munnezza » désigne les déchets et par extension les hommes méprisés par les préjugés.

    Les expériences que chacune des œuvres provoquent sont à la fois touchantes, poignantes et suscitent nombre de questionnements politiques et personnels sur l’intime, la relation à l’autre, la fluidité du genre, la non-binarité, la résilience et la beauté des personnes LGBTQIA+.

    Infos ici.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Jusqu’au 23 mai, le Centre International pour les arts vidéo propose plusieurs documentaires et films sur des thématiques LGBTQIA+ d’une très grande variété. Il y en a vraiment pour tous les goûts. De quoi se régaler d’une heure exquise et passer sa soirée à autre chose que des séries abêtissantes sur Netflix !

    A l’Auditorium du Palais des Beaux-Arts, 18bis rue de Valmy, www.heure-exquise.org/agenda.php

    Bruno De
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  • Berne en Suisse sera à jamais un lieu de mémoire pour Jean-Luc Romero-Michel. En 2021, il y accompagnait pour son dernier voyage Alain Cocq, condamné à supporter d’atroces souffrances à la suite d’une maladie incurable, alors qu'il ne cessait de réclamer de partir en paix chez lui au lieu de devoir s'exiler pour partir sereinement. Pour cet activiste de la première heure pour le droit de mourir dans la dignité, la question d’une législation française pour la fin de vie est une urgence. Le serment de Berne, de la mort solitaire à la mort solidaire, n’est pas qu’une promesse faite à Alain Cocq, c’est un plaidoyer qui valide la nécessité pour la France d’avancer sur cette question si épineuse mais légitime et pressante. Pourquoi devoir se réfugier dans un autre pays pour pouvoir faire ses adieux. Dans cet ouvrage d’une incroyable humanité Jean-Luc Romero-Michel compare, analyse, fait le point sur l'histoire de cette requête à travers des témoignages, et des mises en perspectives de ces gouvernements qui ont sauté le pas. Quand on sait qu’en avril 2023, une Convention citoyenne s’est prononcée à 75% pour l’autorisation de l’euthanasie et du suicide assisté, on peut se demander ce qui bloque encore et toujours dans les hautes sphères. Alors oui « ce livre est un cri. Si notre vie nous appartient, il faut absolument en être de même pour notre mort », comme écrit dans la préface de Line Renaud, membre du Comité d’honneur de l’Association du Droit à Mourir dans la Dignité. Il est temps que les choses changent enfin en France, ce livre vous donne la preuve que c'est possible.

    Le serment de Berne, de la mort solitaire à la mort solidaire de Jean-Luc Romero-Michel, Ed. l’Archipel, 200p, 19€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Ce serait un péché de ne pas regarder cette mini-série. A l’occasion des 30 ans du Sidaction, France TV diffuse It’s a sin, la mini-série événement de Russell T. Davies, qui fait le portrait d’une bande d’amis londoniens heurtés de plein fouet par le sida dans les années 80. 

    Sortez vos mouchoirs ! Pour les 30 ans du Sidaction, France 2 diffuse le 18 mars prochain, à 21h, la mini-série britannique It’s a sin. Cette œuvre bouleversante est signée Russell T. Davies, le producteur et scénariste génial à qui l’on doit Queer as folk, Cucumber, Years and years, le retour de Docteur Who… Si vous la ratez le 18 mars, pas d’inquiétude, It’s a sin, qui n’avait été diffusée en France que sur Canal +, sera ensuite disponible sur la plateforme France.tv

    It’s a sin, qui emprunte son titre à la célèbre chanson des Pet Shop Boys, raconte l’histoire d’une bande d’amis gays (et d’une de leurs amies) dans le Londres des années 80. Ils se nomment Ritchie, Roscoe, Ash, Colin, Jill. Ils se lient d’amitié et emménagent dans une colocation surnommée The Pink Palace. Ensemble, ils découvrent la vie gay, les amours, les plans cul, dans un contexte où beaucoup sont encore contraints de vivre cachés. L’arrivée progressive d’une étrange maladie qui semble toucher plus particulièrement les homosexuels va changer leur vie à toutes et tous. Certains comme Ritchie vont d’abord rester dans le déni, d’autres comme Jill vont immédiatement s’engager auprès des malades et pour faire de la prévention auprès des autres. 

    Une série sur la famille choisie

    Dans Queer as folk, sorti en 1999, Russell T. Davies avait soigneusement évité de parler du sida, afin de montrer que la communauté gay ne se résumait pas à la maladie qui l’a décimée. Il lui a fallu une vingtaine d’années avant de se sentir prêt à évoquer le VIH, en s’inspirant de ses souvenirs et de certains de ses amis (le personnage de Jill est inspiré par la militante Jill Nalder). Emmenée par un groupe de comédiens exceptionnels, notamment Olly Alexander, le chanteur de Years and years, dans le rôle de Ritchie, It’s a sin rend un bel hommage à celles et ceux qui ont dû affronter cette hécatombe, victimes comme survivant.es. Elle dépeint aussi avec justesse l’homophobie de la société britannique dans une époque où la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher fait adopter la Section 28, une loi qui interdit de parler d’homosexualité à l’école. On aurait donc tort de réduire cette série au seul VIH. It’s a sin est avant tout une série sur la famille choisie, ce réseau d’ami.es au sein duquel tant de gays ont pu s’épanouir après avoir fui un foyer et/ou une région homophobes. C’est peut-être ce qui la rend si poignante. Elle rappelle qu’avant d’avoir été fauchés par la maladie ces hommes gays ont d’abord été des amis, des amants, des frères, des fils. Ils étaient vivants. 

    Pour plus de justesse, Russell T. Davies a tenu à ce que les personnages gays soient incarnés par des acteurs eux-mêmes gays. Une manière aussi pour la jeune génération d’être impliquée dans son histoire. On notera enfin les apparitions de Neil Patrick Harris et Stephen Fry dans des rôles secondaires ou celui de la formidable Keeley Hawes (Tipping the Velvet, Bodyguard), qui incarne la mère de Ritchie. En un mot comme en cent : à voir absolument.

    Cet article a été publié dans Strobo n°29

    Xavier Héraud
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