Avis aux anglophones ! Dans son ouvrage Becoming lesbian, l'historienne Tamara Chaplin s'attaque à une question cruciale : comment une sous-culture marginalisée a-t-elle su utiliser les médias modernes pour transformer les perceptions du désir sexuel ? À travers une analyse minutieuse, elle met en lumière l'histoire souvent négligée de l'intimité féminine entre personnes du même sexe, en l'inscrivant dans un combat plus large pour le contrôle de la sphère publique.
Chaplin ne se contente pas de nous livrer un récit linéaire. Elle plonge dans des archives inédites, puisant dans la culture des cabarets, la sexologie, les dossiers de police, mais aussi dans des médias contemporains tels que la radio, la télévision et même le Minitel, précurseur de l'Internet. Ce faisant, elle révèle une trame complexe où se mêlent désirs, luttes et revendications.
Loin de se limiter à une simple chronologie, Becoming Lesbian explore comment des femmes de divers horizons, à la fois raciaux et socio-économiques, se sont appropriées le terme « lesbienne » et ont utilisé les espaces publics pour revendiquer leur place dans la société. En commençant par les cabarets saphiques du Paris de l'entre-deux-guerres, Chaplin met en exergue un paradoxe saisissant : ces lieux, tout en exploitant le désir homosexuel féminin à des fins lucratives, ont également permis l'émergence d'un contre-public féminin homosexuel. Cependant, cette thèse rencontre une opposition : le mythe selon lequel la Seconde Guerre mondiale aurait anéanti cet élan est vigoureusement réfuté par Chaplin.
Au contraire, elle démontre que les sous-cultures saphiques de l'avant-guerre ont non seulement survécu, mais ont prospéré dans l'après-guerre, posant ainsi les jalons de la politisation de l'identité lesbienne au XXIe siècle.
Ce renversement de perspective soulève des questions sur la manière dont l'histoire a été écrite et sur les récits que nous choisissons de célébrer. Cet ouvrage qui représente une contribution essentielle aux études queer et aux généalogies des médias et de leurs publics interroge jusqu'à quel point ces récits sont-ils intégrés dans notre compréhension collective de l'histoire de l'histoire moderne de la France ?
Becoming lesbian, a queer history of modern France de Tamara Chaplin, Ed. University of Chicago Press, 464 pages, disponible sur University of Chicago.

La récente annonce de la mairie de Torremolinos concernant un événement homophobe prévu par le club Fatima Ino a provoqué une onde de choc dans cette ville, traditionnellement accueillante pour la communauté LGTBI. Le règlement de l'événement, qui excluait explicitement les « pédés » parmi d'autres comportements jugés inappropriés, a été perçu comme une attaque directe contre les valeurs de tolérance et de diversité qui caractérisent Torremolinos. Margarita del Cid, la mairesse, a rapidement dénoncé ces règles sur les réseaux sociaux.
Alors que la proposition de loi du Nouveau Front Populaire visant à faciliter la reconnaissance du genre à l’état civil est en suspend depuis novembre, l’université d’Orléans a signé une convention avec l’association LGBT+ du Loiret GAGL45 qui permet de changer de prénom en 48h. Cette mesure s’inscrit dans un mouvement positif de mesures déjà mises en place : formations pour le personnel administratif, campagnes de sensibilisation et donc désormais possibilité pour les élèves de choisir un prénom d’usage sur tous les documents internes.
La Cour constitutionnelle de Lituanie a déclaré le 18 décembre, inconstitutionnelle une loi adoptée en 2009, connue sous le nom de « loi sur la protection des mineurs ».
Le gouvernement socialiste espagnol, dirigé par Pedro Sánchez, fait face à une controverse après avoir annoncé la suppression du « Q+ » dans LGBTQ+ et l'interdiction pour les femmes transgenres de participer aux sports féminins, réservés aux « personnes ayant un sexe biologique féminin ».
Le changement de sexe à l'état civil reste une épreuve complexe et souvent humiliante pour les personnes trans en France. Actuellement, elles doivent passer par des tribunaux, justifiant leur genre avec un dossier lourd et intrusif, un processus jugé « absurde » par la sénatrice écologiste Mélanie Vogel. En avril 2024, elle a proposé une simplification de cette démarche, la transformant en une simple déclaration.
La Haute Autorité de Santé (HAS) a fermement dénoncé un article du Figaro qui a révélé un document de travail sur les parcours de soins des personnes trans, accusant le média de contribuer à une « panique morale ». Ce communiqué, publié le 13 décembre, appelle au « calme » et à la « sérénité » dans l'élaboration des recommandations concernant la transition de genre.
Le Centre communautaire invite les artistes d’Alsace à transformer son accueil et sa médiathèque en véritable galerie d’art. Des œuvres en lien avec l’engagement et la fierté seraient donc fortement appréciées, autant qu’une visibilité pour les artistes et collectifs LGBTI.
Le 18 décembre, les collectifs Les Dégommeuses, #NousToutes et Rouge Direct ont adressé une lettre ouverte au ministre des Sports de l’époque, Gil Avérous, pour dénoncer l'homophobie, le sexisme et les discriminations persistants dans le football. Ils critiquent le manque d'actions concrètes de la Fédération française de football (FFF) et de la Ligue de football professionnel (LFP) face à des incidents récurrents, comme les chants offensants entendus lors du match PSG-OL le 15 décembre.
Le gouvernement travailliste du Royaume-Uni a annoncé le 11 décembre qu'il élargirait et rendrait permanente l'interdiction de prescrire des bloqueurs de puberté aux moins de 18 ans. Cette mesure, initialement instaurée par le précédent gouvernement conservateur en mai après un rapport soulignant le manque de données sur la transidentité chez les jeunes, sera réexaminée en 2027 et s'étendra désormais aux médecins du secteur privé.
Lors d’un rassemblement à Phoenix le 22 décembre devant un parterre de conservateurs en liesse, Donald Trump a déclaré vouloir mettre un terme au « délire transgenre ». Il affirme qu'il signerait dès son premier jour d’investiture le 20 janvier, des décrets pour interdire les soins médicaux liés à la transition pour les mineurs, exclure les personnes transgenres des écoles et des forces armées, interdire la présence des femmes trans dans les compétitions sportives, et établir une politique officielle selon laquelle il n’existe que deux genres : homme et femme.